Stress, peur, panique et anxiété: quelles différences?

On classe souvent l’anxiété dans la famille de la peur mais elle est pourtant de nature différente : si la peur est la réaction émotionnelle face à un danger, l’anxiété est plutôt la prédiction d’un danger et l’inconfort émotionnel qui vient avec. L’anxiété est préparatoire et donc orientée vers le futur, elle est associée à une tension chronique psychologique et musculaire (épaules, mâchoire, cou) et à un état d’activation du système nerveux. Une autre caractéristique est que contrairement à la peur ce qui la déclenche n’est pas obligatoirement très clair.

Il y a une dimension préparatoire dans l’anxiété alors que la peur est réactive, immédiate.

Cette distinction est importante car on comprend qu’avec l’anxiété le danger n’a pas besoin du tout d’être réel. Si la peur comporte aussi des pensées souffrantes, des pensées négatives, dans son cas ces pensées sont valides. Bref, si l’objet de la peur est un ours, avec la peur l’ours est sous vos yeux face à vous, avec l’anxiété l’ours est dans votre tête et c’est plutôt la crainte de croiser un ours. Si vous êtes face à un ours vous ne ressentirez aucune anxiété, vous aurez simplement peur et plutôt que de vous noyer dans des conjectures improbables comme on voit souvent dans l’anxiété vous allez au contraire réagir de manière très efficace en fuyant.

Il faut aussi préciser que biologiquement, peur et anxiété sont assez différentes. En fait ce qui est plus proche de la peur c’est la fameuse attaque de panique avec une libération massive d’adrénaline qui prépare l’organisme à réagir sur-le-champ. Avec l’anxiété c’est plutôt du cortisol qui est produit, donc même sur un plan purement physiologique les deux sont à distinguer.

Deuxième distinction maintenant : l’anxiété et stress. Le stress est selon l’excellente définition de Hans Selye : « La réaction de l’organisme face aux modifications, exigences, contraintes ou menaces de son environnement, en vue de s’y adapter ». Le terme d’adaptation est très important dans cette définition car il indique clairement que le stress est une réaction normale pour un sujet en lien avec son environnement. Le stress est ce qui nous permet de faire face efficacement à certaines épreuves, certains défis. Si vous vous apprêtez à passer un examen universitaire, un entretien d’embauche, une compétition ou un concours alors non seulement le stress ne sera pas indésirable mais il sera même le meilleur garant et la condition de votre réussite. Un niveau de stress modéré sera un puissant moyen de performer. En revanche, un niveau trop faible de stress ne vous mettra pas dans les meilleures dispositions pour fournir la quantité de travail indispensable pour arriver à vos fins. De la même manière, un excès de stress vous exposera à trop de nervosité et risquerait de vous paralyser.

En tant que tel le stress n’est pas problématique. Il ne le devient que lorsque les circonstances de notre environnement sont chroniquement menaçantes, le stress peut alors conduire à l’épuisement. Ceci est spécialement observable dans les contextes de travail toxiques où les personnes n’ont pas de répit, par exemple parce qu’on fait peser sur elles des contraintes (performances, objectifs), des menaces (licenciements) ou des changements incessants.

Le stress correspond la plupart du temps à la réaction de l’organisme face à une situation présente.

 

A l’inverse, et c’est une définition que j’aime beaucoup de l’anxiété qui dit qu’elle est le stress sans les stresseurs. Donc c’est une manière de dire qu’il reste l’état d’activation de l‘organisme mais les stresseurs qui l’ont créé ne sont plus là ou bien ne l’ont jamais été.

 

L’anxiété est l’anticipation craintive d’une situation future ou hypothétique que l'on redoute face à une incertitude, un contexte ambigu : « Et si mon mal de tête était due à une tumeur au cerveau ? ». Dans cet exemple le mal de tête est un stimulus ambigu car il y a un éventail énorme de possibilités qui peuvent en être la cause. Ceci ouvre la question des inquiétudes (« Et si… ? ») que je traiterai dans un prochain article.

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